Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c'est l'Alarme.
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...
Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel
Musique de Anna Marly
"Chanté à voix basse, sifflé sourdement, le Chant des Partisans évoque la chape de plomb
qui s'est abattue sur le pays occupé,
la censure, les souffles et murmures de la clandestinité,
la nuit où des ombres furtives collent des affiches, sabotent les voies ferrées,
se glissent dans les maquis, se cachent loin des poteaux d'exécutions .
Mais l'âpreté des paroles en dit long sur la lutte implacable des maquisards et des combattants de l'ombre,
sur le nécessaire recours aux armes, sur les risques de chaque minute.
Hymne de la Résistance, "Le Chant des Partisans" est aussi un appel
à la lutte fraternelle pour la liberté :
"C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères ;
la certitude que le combat n'est jamais vain "si tu tombes, un ami sort de l'ombre".
Et si la fin de ce chant semble absorbée par la nuit et se perdre, c'est que la nuit est l'heure de tous les rêves, à commencer par le rêve d'une liberté à conquérir éternellement."
sources : la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes .